Avent
L'année dernière j'avais fait ici un calendrier de l'avent, que vous pouvez encore feuilleter pour y trouver des idées de bûches ( quoi ? il n'y a plus d'accent circonflexe à bûche ? JdL au secours !). Cet après-midi j'ai fait cuire des peppernoten dont Giovinetta m'avait donné la recette il ya déjà longtemps. Avec l'amie qui prenait le thé chez moi, je n'ai cessé de les goûter pour déterminer quelle était la meilleure fournée, c'est délicieux.
La hotte de la mère Noël est pleine. Je me suis toujours posé la question de ce mensonge que l'on fait aux enfants. La mère Françoise (Dolto) disait que c'était salutaire pour les enfants ce "merveilleux", et que ça donnait moins de pouvoir aux parents. J'ai voulu y croire, mais je n'ai jamais pu m'empêcher de penser que c'était l'une des premières duperies. Entre rêve et réalité...
Je vous laisse, je fais finir mes paquets.
PS Giov : désolée, j'avais oublié le givre ...
23 décembre
surprises avant Noël
Délice surprise à l'orange
pour 6 à 8 personnes
préparation 20 min
cuisson 45 min
réfrigération 2h30
270 g de farine
5 œufs plus un blanc
250 g de beurre
100g de sucre en poudre
1/2 sachet de levure chimique
220 g de sucre glace
5 oranges (au moins une non traitée)
Une barquette de physalis : amour en cage
Préchauffer le four th 5 (150°C)
Battre le beurre ramolli et le sucre
Incorporer les œufs entiers un par un
Ajouter la farine tamisée et la levure
Mélanger
Râper le zeste d'une orange
Presser les oranges
Mêler à la pâte un quart du jus et le zeste
Verser dans un moule carré beurré fariné
Enfourner 45 min
Battre le blanc d'œuf avec le sucre glace pour obtenir un mélange très épais.
Démouler
Arroser aussitôt du jus d'orange restant
Laisser tiédir
Lisser le dessus et les côtés à la spatule avec le glaçage
Décorer de physalis (ou de fruits confits)
22 décembre
( Joyeux Anniversaire à mademoiselle H. )
NOËL ET MORALE AUX MAISONS SUR LA PRUDENCE (4)
Au bout des faubourgs là-bas,
Hors de la ville est la chaumine
A tout le monde. Un bœuf las
Y dort - ou bien il rumine -
Entre là qui veut. Les fous,
Les rôdeurs, les rien qui vaille,
Les faiseurs de mauvais coup
Par terre ont usé la paille
Et laissé dedans leurs poux.
Le vent de la nuit déserte
Y pénètre tout transi
La porte en est grande ouverte,
Les murs et le toit aussi.
Mais qui donc s'arrête ici,
Ce soir ? ... Une femme lasse,
Un vieux, un âne peureux ...
Il ne reste pas de place
Sous les autres toits pour eux.
Pour loger à la froidure
Ils ne sont guère exigeants.
Ils n'ont pas belle figure,
Ils n'ont pas beaucoup d'argent ;
Ils n'ont pas grand' couverture.
Mais ô ciel ! quelle aventure !
Voici qu'en ce pauvre lieu,
Ces pauvres gens sur la dure,
A minuit ont couché Dieu.
Dieu, le Roi des Cieux qui passe
Sa nuit sur la terre basse.
Marie Noël in "Le rosaire des joies" Poésie Gallimard
(A suivre ...)
21 décembre
20 décembre
NOËL ET MORALE AUX MAISONS SUR LA PRUDENCE (3)
UN BOURGEOIS
"Marthe, ma fille avez-vous
A la nuit fermé la porte ?
Mis la harre ? les verrous ?
Tout est clos ? C'est sûr ? N'importe
J'y retourne voir. Pour peu
qu'un de ces gens sans aveu
Dont nous avons plein la ville
Dans la maison se faufile.
Il y mettrait bien le feu.
Serrez le bois, la javelle,
La volaille. Ayez bien soin
Surtout d'enlever l'échelle
Devant le grenier à foin.
C'est fait ? Laissez que je voie...
Là, derrière, à la Lamproie
Entendez ce train qu'ils font ! ...
Qui vient là ?...Le chien aboie...
Qui ? Pas grand chose de bon.
Qui ?...C'est un âne qui passe
Un vieux, une femme lasse."
Marie Noël in "Le rosaire des joies" Poésie Gallimard
(A suivre ...)
19 décembre
Le Pot au Feu
J'aime bien en réveiller le bouillon à la japonaise* : y faire frémir de très fines lanières de poireaux et de gingembre frais quelques minutes, ajouter des champignons de Paris très finement émincés, laisser glouglouter une minute ou deux de plus.
Servir avec des tranches de pain grillé tartinées de foie gras.
Cela peut s'imaginer en brunch style petit dej' en le servant dans des tasses à déjeuner, et en l'accompagnant d'une salade d'endives à l'orange par exemple.
Il vous faut la recette de base du pot au feu ??? A visto de nas alors ...
Démarrer les viandes en cuisson, d'après Hervé This, eau chaude ou eau froide , c'est kif kif. Saler d'abord si vous privilégiez le consommé, plus tard si vous privilégiez la viande.
En général je mets : un jarret de veau, du bœuf : gîte, paleron, queue, selon le nombre de convives, et un ou deux os à moelle (si on a le temps et la patience on prépare une poitrine de veau farcie, mais c'est une autre histoire). Prendre soin de serrer les os dans une gaze pour que la moelle ne se fasse pas la malle ! Ajouter un oignon piqué de clous de girofle, deux ou trois navets de l'ail, un bouquet garni, des grains de poivre. J'y mets volontiers une ou deux étoiles de badiane, mais tout le monde n'aime pas ça.
Laisser mijoter à feu doux, au minimum deux heures, en écumant régulièrement.
Plonger ensuite les légumes (entiers ou recoupés en deux) dans le bouillon : carottes, poireaux (attachés en fagot) : essentiels, et tout le reste en option souhaitable : céleri branche, céleri rave, fenouil, que sais-je ? Faire cuire une bonne heure de plus.
Les pommes de terre, optionnelles mais souvent appréciées, peuvent être ajoutées une demie heure avant la fin.
C'est meilleur si l'on fait cuire la viande longtemps. On peut commencer par le bœuf, ajouter le veau ensuite.
On sert le bouillon, puis la viande et les légumes, accompagnés de condiments : gros sel, moutardes diverses, sauce tomate, cornichons, ail ou oignons au vinaigre, etc.
Il est préférable de laisser refroidir le bouillon pour le dégraisser un peu...au moins pour le lendemain, car si l'on se débrouille bien on a de quoi nourrir une famille plusieurs jours, en jonglant avec le congélateur et l'art d'accommoder les restes !
(Mon père nous distribuait, au repas du dimanche, les tartines de moelle légèrement salées, religieusement.)
*j'avais déjà donné cette recette il y a longtemps, mais vous aurez oublié ...
18 décembre
NOËL ET MORALE AUX MAISONS SUR LA PRUDENCE (2)
UNE FEMME
"Je cours ! - Bonsoir les voisins !-
chez le rôtisseur. J'héberge
Cette nuit-ci trois cousins.
L'autre descend à l'auberge.
Mais c'est Simon que voici ?
- C'est moi ! L'oncle Adam, j'espère
se porte bien ? -Dieu merci !
Vous le verrez. Le vieux père,
Dame ! Il s'est bien rétréci.
- La petite ?- Mariée.
-Déjà ? Seigneur le temps fait ! -
-Je suis bien contrariée
Si par hasard cette nuit
Juste à son terme elle accouche.
Pour mieux faire elle attendra.
A peine - quel embarras !
J'ai des parents que je couche-
S'il me reste un ou deux draps.
La sage-femme a du monde.
J'entends qu'on se réjouit
de porte en porte à la ronde.
Tous ceux qui sont du pays
Y rentrent pour qu'on les compte.
L'un ou l'autre à chaque pas,
On les rencontre...Là-bas,
Par la ruelle qui monte ?...
Des gens qu'on ne connaît pas.
Ce n'est qu'un âne qui passe,
Un vieux, une femme lasse."
Marie Noël in "Le rosaire des joies" Poésie Gallimard
(A suivre ...)
16 décembre
NOËL ET MORALE AUX MAISONS SUR LA PRUDENCE (1)
Les maisons de Bethléem
Ont allumé leurs chandelles
La place de Bethléem
Mène grand bruit devant elles.
Des gens, là, des haridelles
Il en vient ! de gros seigneurs,
D'autres sans cérémonie.
Il en vient de Béthanie
De Rama, d'Hebron, d'ailleurs.
UN AUBERGISTE
"Approche marmiton !
Vaurien, c'est le temps peut-être
De bayer à la fenêtre !
Mets l'oie au feu...Le dindon
Est-il plumé ?...Me l'a-t-on
Vidé ? Flambé ?... Qu'on épluche
Deux oignons, un ail, du thym...
L'ail est sur le plat d'étain.
A gauche, là dans la huche.
Vite ! Nous traitons ce soir
Le recenseur de l'Empire
Ses scribes ses gens...Va voir
Si huit bancs vont nous suffire
Ou neuf pour les faire asseoir.
Ne chichez pas la lumière
Sur la table...Ses amis
Descendent chez moi. J'ai mis
Le reste loger derrière.
Tout est plein...Pour les valets
La paille dans l'écurie
Est assez bonne...Marie !
Fermerez-vous les volets !
Ces gueux qui flairent, qui mangent
De là dehors mes poulets
Et mes tourtes me dérangent.
Fermez la porte...Qui vient ?
sont-ce mes hôtes ?...Non rien.
Ce n'est qu'un âne qui passe,
Un vieux, une femme lasse."
Marie Noël in "Le rosaire des joies" Poésie Gallimard
(A suivre)
15 décembre
Papillotes
Ouvrez les 8 papillotes d'une flânerie de souris ...
L'abstinence est une bonne chose lorsqu'on la pratique avec modération (Robert Benayoun)
Et puis quoi, qu'importe la culture ? Quand il a écrit Hamlet, Molière avait-il lu Rostand ? Non. (Pierre Desproges)
La preuve irréfutable qu'il existe une vie intelligente sur une autre planète, c'est qu'ils n'ont jamais cherché à nous contacter. (Bill Waterson)
La gravitation n'est pas responsable du fait que les gens tombent amoureux. (Albert Einstein)
Si l'univers est en pleine expansion, pourquoi je n'arrive pas à trouver une place de parking ? (Woody Allen)
A la naissance le nain est normal. C'est en grandissant qu'il rapetisse. (Jean-Marie Gourio)
Si j'épouse ma tante, je serai mon oncle ! (Voltaire)
Avoir l'esprit ouvert ne signifie pas l'avoir béant à toutes sortes de sottises. (Jean Rostand)
14 décembre
Aujourd'hui, je vous propose quelques images sur le thème de l'Annonciation.
Sculptures romanes :
Porte Miègeville, basilique Saint-Sernin, Toulouse (Haute Garonne)

église Notre-Dame la Grande, Poitiers (Haute Vienne)

église Saint-Pierre, Moissac (Tarn et Garonne)

église Sainte-Foy, Conques (Aveyron)
Tableaux du XVième siècle :
Ces reproductions de tableaux sont copiées dans "Histoires de peintures " de Daniel Arasse.
(1) Fra Angelico, L'Annonciation, musée diocésain, Cortone (1433-1434)
Annonciation attribuée à Fra Angelico, musée du Prado, Madrid
Selon Daniel Arasse ce tableau doit plutôt être attribué à un disciple ou un admirateur du maître, mais pas à Fra Angelico, car le fait qu'Adam et Ève piétinent le jardin de la Vierge est une erreur théologique.
Fra Angelico, 1450, couvent de San Marco, Florence
Filippo Lippi, National Gallery, Londres
(2)Francesco del Cossa, Gemäldegalerie, Dresde
"Je reviens encore sur l’annonciation de Fra Angelico à
Cortone (1). J’avais évoqué le rideau rouge au centre géométrique du tableau, sur
lequel vient s’inscrire à plat l’auréole d’or ciselée de Gabriel comme figure
de l’infini puisque l’or, et l’auréole d’or
en particulier, est la figure de l’infigurable qui est la divinité elle-même.
Le rouge est une figure du sang de la Vierge qui donne la matière , Dieu donnant
la forme, selon la théorie aristotélicienne de la procréation.
....
(2)Je me suis alors aperçu que dans l'échelle réelle, l'escargot avait une dimension tout à fait normale, c'est un bon escargot de Bourgogne, posé, peint non pas dans le tableau, mais sur son bord. Cela signifie que cet escargot, Francesco del Cossa l'a peint dans notre monde, pas dans celui de la peinture mais dans le nôtre, et que dans ce monde l'escargot est le moyen d'entrer dans le tableau. .... le tableau ne représente pas lé vérité de l'Annonciation, il n'est qu'une représentation de l'Annonciation. ... Je crois que la conscience du non-réalisme de la peinture est clairement indiquée par Francesco del Cossa, par cet escargot, qui a une explication toute simple."
Daniel Arasse





















