Les caprices d'Ennairam

Dans la boucle de l'hirondelle un orage s'informe un jardin se construit (René Char)

dimanche 30 novembre 2008

Hiver

Samedi je suis allée voir "Hiver" et "Violet" de Jon Fosse.
Ma motivation était d'ordre SM1 : faire plaisir à mon fils en visite en l'emmenant au théâtre, SM1p : je suis une inconditionnelle des mises en scène d'Azema, et SM2 : je suis contente de découvrir de nouvelles pièces et de nouveaux auteurs.

J'aime bien attendre le spectacle dans un silence religieux, propice à la concentration, mais c'est quasiment impossible, les spectateurs ont toujours besoin de raconter leurs dernières aventures au bureau avant la représentation. Les dames derrière moi bavardaient  à qui mieux mieux.

Au cours de la pièce (Hiver) l'actrice dit doucement, se parlant à elle-même : "Sucer une bite, sucer une bite, sucer une bite, sucer une bite, petite salope, espèce de pute, sucer une bite et faire dodo, sucer une bite et faire dodo". La dame derrière, dure de la feuille, demande à sa voisine "Qu'est-ce qu'elle dit ?" Laquelle, aussi prude que moi -qui peux l'écrire mais qui ai  plus de mal à le dire- observe un silence pudique.

L'essentiel du texte se compose de  "oui", (c'est contemporain). J'ai un peu pensé à Koltès à cause de  l'ambiance et de la façon parfois dont le texte est dit "avec une envie pressante de faire pipi". Un acteur une actrice,  un texte en miroir, partagé en deux : presque la même scène, mais les personnages ont inversé leurs rôles, le miroir se brise à la fin d'une certaine façon. On est dans le non dit et le non fait, on voit le reflet des paroles ou des actes plus que les paroles et les actes eux-mêmes.  J'ai bien aimé. L'actrice avait une belle présence et Francis Azema était excellent dans son absence. Et de répéter au cas où vous ne l'auriez déjà lu, que je lui voue une grande admiration depuis qu'il m'a fait pleurer à chaudes larmes il y a plus de dix ans avec son interprétation de Cyrano.

La deuxième pièce "Violet" était selon Kam un remake d'Hélène et les garçons, oui, peut-être, mais sympatoches les petits acteurs.

Le théâtre du Pavé il faut y aller, c'est rue Maran, on peut se garer dans la cour si l'on n'arrive pas trop tard, le foyer est très agréable, on y sert de la Biérataise à la violette. Il y a aussi  chaque soir 10 places "partage" à cinq fois moins cher que le prix normal, il suffit de demander, c'est en son âme et conscience bien sûr.

En citant  le texte de cette pièce je devrais sensiblement augmenter la fréquentation de ce blog, mais  pas sa lecture !

Posté par Ennairam à 21:16 - théâtre - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

help

Si j'ouvre un blog de prof de math, je l'appellerai peut-être, selon une idée originale de Myrtille, "Le café de l'hypoténuse", mais vous auriez une idée de pseudo ?

Posté par Ennairam à 12:17 - blogosphère - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Demandez la notice (chosette mode d'emploi)

On ne lit pas les modes d'emploi. On ouvre l'emballage, on déballe, on appuie sur les boutons on cherche, de façon plus ou moins empirique, ou bien on sait déjà.
Certaines notices de médicaments suffisent à vous rendre malade : "effets secondaires pouvant survenir : rougeurs, prurit, nausées, vomissements, diarrhée, somnolence, trouble de l'attention, agitation, inhibition de la libido, vertiges, dans certains cas il peut se produire un avortement spontané, oedème ... consulter immédiatement un médecin"

Parfois je les lis, comme celui-ci :

"C'est la première fois ?
Si vous n'êtes pas très sûre de vous pour la première fois, n'hésitez pas à vous faire aider par une amie. Et c'est toujours plus amusant à deux.
Si vous n'avez jamais utilisé de "peigne à queue" pour séparer vos raies, entraînez-vous quelques minutes avec l'embout séparateur (celui qui est fin)."

J'ai remisé le produit au fond du placard et confié ma tête à un coiffeur.


Scan1

L'autre jour je suis tombée sur ce mode d'emploi de collants, que j'ai laissé traîner dans ma chambre et que j'ai retrouvé hier soir avec une annotation de ma fille au dos.(D'ailleurs ils omettent de préciser qu'il est préférable d'enduire préalablement ses mains et ses pieds de crème hydratante).

(Rien n'est perdu sauf ...)

Posté par Ennairam à 12:15 - on se débrouille - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

le bruit et l'odeur

J'avais proposé une chaîne sonore, et Mamilune enchaîne sur les odeurs.
Je le ferai aussi, ce doit être l'approche de Noël et des réunions familiales qui nous y incite, mais je voudrais dire que ma mère ne me lisait pas l'Avare à moi pendant les cataplasmes, mais  "La grande aventure des éléphants" de Georges Blond et toute la Comtesse de Ségur ...

Posté par Ennairam à 11:52 - blogo chaines - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 29 novembre 2008

et aussi

Le café des z'rofs


(Je vais retrouver derrière les faots la petite chaîne de cafés du jour que j'avais initiée sur u-blog,  j'ai pu conserver les billets du blog,mais  les liens sont perdus ...)

Posté par Ennairam à 11:22 - café - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Cabas du samedi

Liste de courses :

des bouquins,  un livre, des bouquins, une paire de chaussures, un manteau, une imprimante,
NOON ! C'est la journée sans achat !
Ah...j'y songe ...euh ... Un livre ? Noon ! Tu passes tout ton temps sur le net, et tu en as des tas à lire dans ta bibliothèque !
Bon bon ...

Allez boire la café chez Anita, il est doux et chaud.


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vendredi 28 novembre 2008

Ô grattage

Lorsque j'attendais notre premier enfant, le géniteur, doutant de ses aptitudes paternelles, me posa cette question, clairement inscrite en ma mémoire : "Que diras-tu lorsque tu verras tes tirages barbouillés de confiture ?". A cette époque je passais le plus clair de mon temps en chambre noire à observer les révélations des sels d'argent, ou à mesurer la température de l'eau pour éviter que la gélatine des films glisse de son support, et je prenais aussi beaucoup de photos en noir et blanc avec des rouleaux de pelloche par moi même fabriqués, j'ai encore tout le matos.

Je n'ai jamais vu de confiture sur mes tirages, la planche qui supportait l'agrandisseur fut convertie en table à langer, un enfant puis deux puis trois, un boulot que l'on finit par obtenir, cela vous éloigne pour longtemps des bains photographiques. Plus tard je me suis adonnée au jardinage, taille de haies, tonte de gazon et plantation de nombreux rosiers dont j'avais la passion (et les épines).

Aujourd'hui l'embryon d'alors fait des études, et s'occupe de pellicules, à sa façon, il ne consomme jamais de confiture  cela lui est plus ou moins interdit.

Rien n'est perdu (sauf l'orthographe) ...

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jeudi 27 novembre 2008

une gifle pour mémoire

Le covoiturage avec mes collègues permet d'aborder des sujets de conversation variés et rigolos. Ainsi ai-je appris l'existence de l'ion oxonium qui n'avait pas franchi le seuil du lycée professionnel.

L'autre soir je faisais partager à mes comparses mes nouvelles connaissances en matière de S.M. (systèmes de motivation voyons !) et je rappelais le fait qu' émotions et mémorisation sont  liées . Et chacun de noter que les femmes retiennent toujours les dates d'anniversaire, ou de rencontres,  chose dont les hommes n'ont rien à battre, mais bon, tout cela est généralisation abusive, n'est-il pas ?

Notre chauffeur - qui est une femme mais je me refuse à l'appeler chauffeuse, pourquoi pas Sofa ?- nous dit alors qu'en Aveyron il se racontait la coutume suivante : dans les familles de paysans le père emmenait son fils faire le tour de la propriété pour lui en montrer les limites, et lui donnait une gifle retentissante à chaque coin, pour qu'il s'en souvienne.
Il n'avait pas lu ma psy préférée pourtant le père de famille.

Cela se passait avant le remembrement, qui avec la généralisation des autoroutes a tant fait pour le paysage français, et des coins, il devait y en avoir plus de quatre dans la propriété ! On peut aussi se demander si la mémorisation est meilleure avec une émotion négative ou positive ...

J'ai entamé l'ouvrage de Daniel Favre, qui parait vraiment intéressant, je vous en découperai des morceaux à l'occasion. Il évoque l'alphabétisaton émotionnelle, notion qui me parait fondamentale, tant je pense que nombre d'entre nous sont plus ou moins analphabètes en ce domaine.

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SILENCE


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mercredi 26 novembre 2008

Dix petits sons d'hier (sons d'âge)

Tiens,  les réminiscences de la machine à écrire paternelle m'ont donné l'idée d'une petite blogo-chaine.

Pouvez-vous raconter dix sons ancrés dans votre mémoire ? Dix sons de l'enfance ou d'après, des sons que vous entendez encore clairement qui vous remuent, vous chatouillent le neurone ? Dix sons madeleines  ?

Chez moi ce sera une promenade dans une enfance rurale, banale et ordinaire,  mais peut-être  exotique pour les visiteurs citadins en goguette sur ce blog (en bloguette).

  • La machine à écrire donc, rythme irrégulier, hésitant et  saccadé ; elle s'arrête puis repart à petits coups précipités jusqu'à la sonnette du changement de ligne, accompagnée du craquement de la tablette.
  • Le Solex du facteur qui se chargeait aussi des lettres et paquets à envoyer,  mon père le saluait chaque matin d'un "Adieu Albert !" réjoui. Albert à ses heures creuses faisait un peu de peinture chez les uns et les autres,  sa spécialité : les portes peintes en bleu palombe, j'habitais un pays de chasseurs.
  • La scie circulaire, j'en ai déjà parlé, qui me déchirait le tympan.
  • Le marteau du forgeron  chez qui je prenais les repas de midi pendant mes premières années d'école, battant le fer sur l'enclume, et le chuintement d es pièces de fer rougi plongées dans l'eau froide. J'ai retrouvé ces sensations en visitant le chantier de l'Hermione à Rochefort.
  • Le tintement des cuillères dans les bols, pour le couvert du petit déjeuner  pris en famille. Je le reproduis fidèlement chez moi encore presque chaque matin (et c'est plus drôle si nous sommes nombreux ).
  • La chute d'eau de la Gélise, au moulin, en contrebas de la maison. J'y pêchais le vairon. En revenant de l'internat ou d'ailleurs, c'était ce son-là qui m'enveloppait et me faisait me sentir chez moi. Plus tard, il a été pollué par les divers moteurs d'irrigation installés ça et là, le bruit de ces  moteurs, le prélèvement d'eau : la chute a faibli.
  • Le balancier de la pendule dans la pièce à vivre :  je regardais souvent les oscillations du disque de laiton rutilant derrière la vitre, je ne prenais conscience du son que lorsque j'étais seule.
  • La porte du chai où j'allais tirer le vin et ranger les outils. Il suffisait de la pousser à peine, elle se refermait seule, après un long grincement suivi d'un claquement grave. J'essayais de courir assez vite pour être rentrée dans la maison juste au moment où je l'entendais claquer.
  • Le chant du coq.
  • Les feuilles sèches des noyers.

A tout ces sons s'associe immédiatement, dans les labyrinthes de ma mémoire, une odeur précise.

Je passe le relais à qui veut, sans donner de nom même si j'en ai quelques un(e)s en tête ...

Mido

Mamilune


Posté par Ennairam à 16:30 - blogo chaines - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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