Lundi gris
C'est courant d'être de mauvais poil un lundi matin me direz-vous. A huit heures je ne pouvais pas prendre un petit-déjeuner avec Fitz qui n'était pas là. J'ai ouvert la grille du lycée un peu morose, quelqu'un m'a fait signe de loin.
"-Vous venez travailler ?
-Oui
- Depuis quand ?
-Depuis septembre !
-Je ne vous avais jamais vue ! Moi C'est Ressan
-Ennairam ...Je suis prof. de maths
-Je suis agent technique, si vous avez besoin de quelque chose venez me chercher"
Souriant il m' a serré la main, d'une large main chaude.
Un simple rayon de soleil a chassé les nuages.
Envoyée ...
"Qu'est-ce que c'est que ça ?" , demande le petit garçon de quatre ou cinq ans, "Une photocopieuse, mais tu vois, je m'en sers comme d'une table pour écrire l'adresse sur l'enveloppe que je vais mettre à la boîte". La poste centrale de Colomiers est peu accueillante : un sentier balisé pour la file d'attente et une ligne de confidentialité interdisent tout mouvement, il n'y a aucun endroit où s'installer pour finir son courrier.
Je m'apprête à lui expliquer ce qu'est un photocopieur, quand j'entends la mère courroucée appeler son rejeton, et aussitôt arrive la grande sœur qui le tire par la main "Il ne faut pas parler aux gens que tu ne connais pas !".
Mortifiée par l'imbécillité de ces injonctions pédagogiques péremptoires, je songe au conte de Gilles Vigneault, "le dict de l'aigle et du castor", que j'aurais volontiers fait écouter à cet enfant... et à ses parents.
La concierge n'est pas dans l'escalier
C'était un samedi matin, en face de la prison, près de la sortie du métro. J'avais rendez-vous avec une amie à 9h15, nous devions nous rendre à une causerie qui avait lieu à 9h30. A 9h25 toujours personne, j'avais oublié mon téléphone cellulaire à Montauban. Une gardienne d'immeuble balayait le trottoir, je lui ai demandé l'heure et si elle pouvait m'indiquer une cabine téléphonique dans le coin. Aussitôt, elle m'a fait entrer chez elle et m'a tendu son téléphone portable (avec sa photo dessus). Un peu gênée j'ai dit que je ne voulais pas déranger "mais puisque je vous le propose !". M. arrivait, elle avait oublié de se réveiller. J'ai remercié, touchée.
Célébration de l'automne
Hier soir en allant photographier les lotus, comme d'hab., je suis passée sur ma terrasse. Si je suis en déficit de contacts z'umains, ce lieu recèle toujours quelque inconnu prêt à me plaquer une bise sur chaque joue, et à m'arrêter pour une conversation. Me voyant passer avec mon gros appareil, l'homme du jour m'a interpelée "Eh, tu me prends en photo ?". J'aime beaucoup photographier les gens, mais je n'ose pas souvent, parce que j'ai l'impression de m'approprier quelque chose d'intime peut-être. Photographier, c'est plus que toucher avec les yeux. Mais là puisqu'on me le demandait avec cette expression joyeuse, probablement issue de quelque herbe qui fait rire, j'en ai profité. Ce matin, je regarde les images, et elles me donnent le sourire aussi. Je n'ai pas demandé l'autorisation de publier, alors je vous poste les lotus à la place.
Post scriptum qui n'a rien à voir. Oui oui, le plongeur au dessous c'est moi, vous ne m'aviez pas reconnue ?
Eloge de la tente
Et puis non, je ne vais pas, aujourd'hui, faire l'apologie du village de toile et de la vie au plein air, mais, rassurez-vous, j'y reviendrai : c'est mon marronnier de l'été.
J'habite au troisième étage d'un immeuble qui en comporte neuf, et qui a la particularité d'avoir une terrasse au quatrième, donnant sur un chemin vers le centre ville, et des espaces verts. Cela confère à mon logis des propriétés vaudevillesques, et au plafond de ma chambre la faculté de s'effriter au dessus de ma commode, malgré les multiples interventions de tous les corps de métiers.
Cette terrasse, conçue par quelque urbaniste optimiste dans les années soixante, était censée accueillir divers commerces et jeux pour enfants. Glauque aujourd'hui, elle connait un timide regain de vie grâce à l'ouverture de deux épiceries africaines, vendant, outre des artifices et onguents capillaires, des produits de base propres à calmer la fringale d'un dimanche soir imprévoyant. Récemment un monsieur m'a hélée pour m'annoncer l'ouverture prochaine de son restaurant "marocain ou africain selon les gouts".
L'autre matin, je lui demande où il en est, et il me répond que rien ne presse, qu'il ne veut pas précipiter les choses. Jouant ma première de la classe, je lui lance "Oui, il y a un proverbe chinois qui dit -A qui sait attendre, le temps ouvre des portes-" Il me regarde avec une légère commisération au fond de l'œil
" - Non, pas chinois !
- Comment ?
- Pas un proverbe chinois : on est en France non ? "
Carnet de Noël : petits bricoleurs
Je suis contente : il y a encore de jeunes professeurs de Grec. Si j'avais lu son blog attentivement, au lieu de survoler le dernier billet, je m'en serais aperçue. Elle enseigne non loin de ma terre natale : on n'apprend donc pas seulement l'Anglais dans le Gers.
Sam' a usé et abusé de ses gadgets high-tech, photographiant avec son téléphone et vice versa. Elle ne se lassait pas de portraitiser Alain en Michaflapi.
Dès le début de la soirée nous étions de vrais gamins fébriles, impatients de savoir comment se déroulerait le tirage au sort des cadeaux. Flo a mené l'affaire de main de maître, nous faisant piocher à chacun le nom de notre Père Noël. J'ai reçu un dessin de Thomas, un superbe dragon orange de Brol , des découpages de Mido et une petite carte signée Marcel Proust de la part d'Aglae, dont l'intention était que chacun à l'avenir puisse dire qu'il avait lu Proust. Je trouve que les trois derniers ont eu une riche idée de fabriquer un cadeau par personne !
Myrtille avait fabriqué une ravissante boîte de nuit : si elle pouvait, à l'instar de Brol, donner la recette sur son bloug ...
Nous avons eu des pensées pour Kheyliana et Enflammée. Pourquoi ne pas organiser un jour un repas de plus auquel elles pourraient se joindre ? Spica était à un repas de boulot, Nuits de Chine a fait une brève apparition. J'ai regretté de ne pas voir la jupe de TarVal.
Et je n'ai pas encore mentionné : Da Scritch, Zeubeubeu, Sabrina, Wizmaster, et Bill. Voilà !
Une soirée rieuse comme d'hab.



