dimanche 25 octobre 2009

Alexis et Nicole

"L'argent est un bon serviteur et un maitre impitoyable" me dit-il en commentant l'attaque (c'est le terme qu'il emploie) de la pharmacie du quartier. Alexis (je ne lui ai jamais demandé quel était son prénom) a un âge avancé, le ventre rond, l'accent de là-bas, et une verve intarissable. Je le croise à la piscine, dans la rue, dans les magasins, où il fait sourire le chaland. "Vous connaissez la citrine ?" me demande-t-il un jour, assis sur le banc d'un abribus, "oui bien sûr", "eh bien vous êtes rayonnante comme une citrine" me répond-il.
A Toulouse c'est Nicole que je croise dans tous les théâtres : des cheveux noirs, la coupe au carré et le dos un peu vouté, coquettement vêtue, elle connaît tous les specatcles, tous les acteurs et les metteurs en scène, elle interpelle le quidam pour avoir son avis et a toujours une opinion à émettre, un commentaire à ajouter. Elle ne rate pas un festival d'Avignon ; elle a le véritable accent de Toulouse, celui qui s'est presque perdu, et des yeux noirs piquants. Elle dit ne jamais lire, ne pas avoir la patience de fixer son attention sur la feuille blanche couverte de signes,elle le déplore, mais elle se tient au courant de tout par d'autres biais. Toulousains, vous avez surement tous rencontré Nicole au moins une fois dans vos sorties nocturnes ; je l'ai déjà écrit : elle me manquera la nuit où elle ne sera plus là.

Posté par Ennairam à 01:14 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]


dimanche 11 janvier 2009

Un piano à queue dans la boîte aux lettres

Mon ami A. vit à Onyx en Californie. Le soir, lorsque son métier de semi-nomade lui permet de rentrer enfin chez lui,  il s'assied sur le porche et fume de la Marie-Jeanne ou un cigare en écoutant les coyotes et en regardant passer quelque animal de la montagne. Sans doute a-t-il aussi près de lui une flasque de ce Bourbon qu'il affectionne. Après avoir savouré l'air de la nuit, il ira se mettre au piano, et chantera, pour lui seul.

Il m'a dit un jour vouloir arriver à une vie plus simple, s'alléger des biens matériels superflus. Trois voitures : un quatre-quatre neuf, et deux automobiles anciennes dont il ne se sépare pas parce que ce sont des pièces de collection et qu'il les a  aimées, une moto, un bateau, des vélos, et bien sur, un camping car. L'énumération me fait ouvrir des yeux comme des soucoupes, éclater de rire.

canal

A. collectionne, comme certains d'entre nous, les petits morceaux de verre dépolis trouvés dans le sable. Contrairement à beaucoup de ses amis  il ne cherche pas de travail, se contentant de prendre celui qu'on lui propose, et de ne jamais en refuser. Il alterne ainsi les années de bisons gras et de bisons maigres.

Je pensais à ce piano, ce matin en marchant.

Edit : quelques jours après avoir écrit ce billet, est arrivée une  réponse écrite à ma question mentale ...

I got a new piano -- actually an old, refurbished one -- a 1939 vintage Mason & Hamlin baby grand that I adore. It's smaller than my previous piano, but has a bigger and much more delicious sound. I can't keep my hands off of it.


Posté par Ennairam à 19:12 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
dimanche 15 juin 2008

Marathonnienne

Je lui ai dit bonjour en souriant, heureuse de la revoir. Elle ne m'a pas reconnue, elle ne me connait pas. Toulousains, vous l'avez déjà vue. Elle hante toutes les salles de théâtre, connait tous les acteurs, les metteurs en scène, elle a vu toutes les pièces, elle a un avis sur tout, qu'elle énonce avec son accent de Toulousaine de Toulouse , hors d'âge, ses yeux noirs brillants sous sa coupe au carré. Elle marchait à pas rapide vers l'église Saint Pierre des cuisines, tandis que je me hâtais lentement vers la tente berbère de la place du Capitole. Elle était donc là, encore fidèle au poste au Marathon des mots, et je savais que je la croiserais encore avant la clôture.

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Une heure et demie plus tard, elle était dans la file d'attente pour la lecture de "La stratégie des antilopes" de Jean Hatzfeld (les mots sur l'indicible) par Denis Podalydes. Elle bavardait avec ses voisins,  passionnée, faisant vibrer ses longues boucles d'oreilles et sa jupe noire à volants.

Un jour sans doute elle me manquera un peu.

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vendredi 17 août 2007

Vautour fauve à Rocamadour

Posté par Ennairam à 10:41 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
samedi 7 juillet 2007

Jour de marché

Ce matin en rentrant du marché j'ai croisé un couple âgé de mon immeuble. On dirait qu'ils ont fini par se ressembler à force de vivre ensemble. Même taille, même couleur de cheveux, mêmes rides, lunettes identiques. Je leur ai dit bonjour, et ils m'ont répondu avec un grand sourire, marchant d'un bon pas main dans la main. Ils avaient l'air heureux.

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mardi 30 mai 2006

Les mains

 

 

ses mains sont ici

Posté par Ennairam à 22:31 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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