mercredi 14 avril 2010

Les mules du pape

"Il faut arroser les couilles du pape !" s'écrie ma fille alors que je termine mon bol de café matinal.
"Elle retient mieux ça que le catéchisme !" aurait rétorqué feu son grand-père anticlérical élevé dans une école catholique.
Ces "testicules du pape", comme les appela un jour mon grand-oncle le petit jardiner de la rue du Midi, chauve et tatoué, gardien des serres de la ville, dont la voix tonitruait le long du canal et jusqu'à la boule du microscope électronique, désignent la colorée calcéolaire. La  fleur rappelant quelque précieuse bourse, ses couleurs chatoyantes en font-elles  un attribut de la papauté ?

Le mot calcéolaire, m'explique le  Robert historique, vient de calceolaria dérivé du latin calceolus : chaussure (chausson, et autres pantoufles !). J'apprends dans le Lexis que la calcéolaire est une scrofulariacée, de scrofule : genre de tuberculose. On soignait la scrofule avec ...des scrofulariacées. Dans la même famille, la digitale soignait les maladies de cœur, parfois de manière radicale.

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Ici  tout se complique : les scrofuleux portent des lésions appelées aussi écrouelles : celles que les rois avaient le pouvoir de guérir le lendemain de leur sacre (on ne dit rien sur les papes). Scrofulae viendrait du latin classique scrofa : truie, qui en bas latin devient vulve (j'y perds le mien). En latin populaire le terme scrofellae serait un calque du grec khoiros : objet en forme de dos de cochon, désignant des écueils à fleur d'eau, le pluriel khoirades étant utilisé pour écrouelles par analogie de forme.On pouvait aussi trouver l'orthographe scrophule.

La sonorité de scrofulariacée n'est pas sans évoquer le scrotum oublié par mon Robert historique,  qui signifie petit sac : c'est ainsi que, de couilles du pape à calcéolaire, l'aiguillette est nouée.

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mercredi 25 juin 2008

L'occis mord (mort ?)

J'ai plus de facilité pour le calembour que pour l'oxymore.
Il demande un brin de vivacité d'esprit  pour fouiller dans les tiroirs à vocabulaire,  tiroirs à boutons de la mercière, casiers à carreaux du céramiste,  casses du typographe, et trouver des mots qui pourront se mettre à la place d'un autre. L'oxymore me semble plus exigeant .

Filou m'a demandé de me décrire en cinq oxymores, je grappille, d'abord, au hasard,  ceux qui me viennent à l'esprit, et en particulier celui qui s'affiche dans les rues de Toulouse en ce moment :

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Où mèneront les assises de la mobilité ?

L'une de mes librairies préférées : Ombres blanches, comme un soleil obscur

La tendre violence des transports amoureux.

"Dilettante professionnel" ai-je lu dans un profil flickr.

En trouverai-je cinq ?

Méticuleusement désordonnée, je suis une professionnelle du dilettantisme (moi aussi ...). Je cultive gaiment la mélancolie, et j'ai souvent l'ivresse triste. Prof de math, je ne sais pas compter (ça compte comme oxymore ?) et je peux être d'un immobilisme bouillonnnant. (Tiens ça fait six).

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jeudi 17 avril 2008

Les mots associés

Chaussant mes lunettes et feuilletant mon Robert et Collins à la recherche d'une rivière -  pour les anglophones, la Garonne le Mississipi et la Baïse ont droit au même traitement : "river", pas de distinction entre le fleuve et la rivière, le mot "rivière" à la française est employé dans "diamonds riviere"-  musardant par torrent (torrent ou stream) et ruisseau (brook : jamais entendu celui-là), au hasard des pages, je jette un œil en haut à gauche, là où sont signalés les mots de début et de fin, et je tombe sur "éjaculateur/électrique". L'évocation de cet éjaculateur électrique, de bon matin, au moment de la brioche (à laquelle je n'ai pas droit) dans le café, me fait sourire.
Ru se traduirait par "rivulet", littéraire.

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vendredi 29 février 2008

Mise au point

J'ai encore failli m'étrangler avec ma pomme  en écoutant les infos. A propos de "l'orphelinat de l'horreur" : "des squelettes ont été mis à jour".
Non :
"La liste des victimes a dû être mise à jour car de nouveaux squelettes ont été mis au jour".

Posté par Ennairam à 13:44 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
lundi 25 février 2008

au delà

Aujourd'hui des mots ou des expressions m'ont frappée, je ne les ai pas notés, et j'en ai retenu fort peu.

Cette "Bible au point de croix" chez un bouquiniste du marché Saint Cyprien, et cet "au-delà" martelé à la piscine près de chez moi  : "Au delà de cette borne toute sortie est définitive", "Au delà de cette porte perdez tout espoir les chaussures sont interdites".

La patronne des patrons qui a terminé l'entretien de ce soir en se disant amoureuse de la langue française, a tout de même prononcé un "C'est acté" qui m'a choquée bien davantage que le "truc" pour lequel elle s'est excusée, alors qu'il me paraissait plutôt à sa place avec le sens de "bidouille".

Je souhaite aussi indiquer aux responsables des magasins Croisement, que, de même qu'une température n'est ni chaude ni froide,  un prix n'est ni cher ni bon marché, et encore moins, moins cher. Un prix peut être élevé ou bas, grand ou petit,  pas cher !"Croisement, des prix moins chers !" lit-on à toutes les caisses de cette enseigne qui se vante aussi de positiver. Ou alors il faudra que l'on m'explique ce qu'est le cout d'un prix.

De toute façon, plus je vieillis et plus je suis hypermercantophobe.

Posté par Ennairam à 20:38 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
lundi 31 juillet 2006

les mots de la tribu

C'est le titre d'un roman de Natalia Ginzburg,   lu il y a des années,(le site de la FNAC l'annonce comme épuisé -carnets rouges de Grasset-). Un beau livre autant que je m'en souvienne. Je me rappelle qu'il traitait, comme son nom l'indique, des mots et expressions propres à  un groupe ou une famille. L'histoire de la famille à travers ces mots. Je l'avais il y a longtemps, conseillé  à Christie en comm. d'un billet où elle traitait de ce thème (Hmmff  je n'ai pas la référence du billet...)

Chacun de nous peut se remémorer de telles expressions, du village, ou de la famille, ou bien utilisées seulement entre frères et soeurs. S'y ajoutent aussi les mots dits par une seule personne,  qui demeurent, comme une image un peu fânée.

Réminiscences.

Par exemple nous nous sommes rappelé récemment que mon père prononçait, au mépris de tout ce qu'il pouvait entendre, et sans affectation : Nev-York, en appuyant  sur le V. Il roulait les r et aspirait les h, ce qui donnait à son langage une saveur particulière. Il avait parlé le patois jusqu'à son entrée à l'école. Il employait une série d'expressions assez classiques comme "Ne parlons pas de ça Lisette", "Circule virgule", "la semaine des quatre jeudis" très utilisée celle-là jusqu'au jour où elle est tombée en désuétude par la substitution du mercredi au jeudi : la semaine des quatre mercredi...Cela sonne mal.

De ma mère j'ai conservé le "putaraille", juron directement dérivé, par déformation familiale me semble-t-il, du putaragne toulousain dont on entend tout de suite la signification.

Et j'arrête là ce court florilège, que je continuerai peut-être plus tard.

Posté par Ennairam à 10:19 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]


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