du soir au matin
Sept heures du matin. Je m'engage dans l'avenue S. mes jambes connaissent par coeur le chemin bien que je ne l'aie pas parcouru depuis des années. Aucun bar ouvert mais sur la petite place une boulangerie s'éclaire. Il fait encore nuit lorsque j'arrive sur la placette près du lycée. Une statue fraichement ravalée orne une fontaine sans eau. Le poète Goudouli ? Non, un vieil homme, entouré de jeunes visages. Quelques mots gravés sous ses pieds "Le soir de la vie".
Carte Postale
de la vallée des Merveilles
La Loire en juillet
Chez moi
O.
Ce matin-là brillait un soleil vif de fin d'automne. j'ai garé la voiture, pris la canne sur le siège arrière et je me suis dirigée vers le petit jardin au pied de l'obélisque qui commémore une bataille du dix-neuvième siècle. La vue s'étend sur Toulouse et les Pyrénées, on aperçoit le pic du Midi.
Il n'y avait aucun promeneur, les bancs étaient déserts. Un instant j'ai contemplé la ville, le paysage, le lointain. Ma mère venait jouer ici, enfant, avec son cousin. J'ai pensé à la petite fille vive et rieuse et à la vieille dame facétieuse qui disait vouloir remplir sa tête de jolis souvenirs, vrais ou faux.
Sur le banc, face aux Pyrénées légèrement enneigées, j'ai posé sa canne, et je suis partie, sans me retourner.
pour une machine à coudre
Les vide-grenier sont des marchés où des gens comme vous et moi vendent ce que tout un chacun a chez soi et qui prend de la valeur au prétexte que cela vient de chez l'autre plutôt que de chez nous. J'y achète les mêmes objets que ceux que j'ai donnés à Emmaüs un mois plus tôt. On y va avec le secret espoir de la bonne affaire (le Zodiaque introuvable dont l'heureux proriétaire ne connait pas le prix !), et avec cette curiosité amusée que l'on peut avoir dans un musée : les vide-grenier sont l'exposition itinérante d'un patrimoine du quotidien.
Et la machine à coudre me direz-vous ?
Ah...
de lumière et de béton

Je me souvenais de l'émotion ressentie il y a quarante ans en entrant dans cette église.
Extrait des "Archives Océanes" (Laurencé Périn) :
Une
fois franchi le seuil de l’église Saint-Joseph, le regard s’élève
naturellement vers le haut de la tour, inondée de lumière. « Je veux une lumière dorée, que vous obtiendrez comme vous l’entendrez » : telle fut la commande qu’Auguste Perret passa auprès du maître verrier Marguerite Huré pour la réalisation des vitraux de l’église Saint-Joseph.
Pour
exaucer ce vœu, elle fabriqua 12 768 pièces de verre colorées, toutes
soufflées à la bouche, comme au Moyen Age. Chacune de ces pièces figure
dans une gamme de sept couleurs (orange, jaune, vert, violet, rouge,
verdâtre et blanc), déclinées en fonction de l’orientation des vitraux
et de leur hauteur. Plus la tour s’élève, plus la lumière s’éclaircit :
tout en haut, les vitraux sont blancs, laissant pénétrer la lumière
divine.
Précurseur de l’abstraction dans le vitrail religieux, la
« spatio-coloriste » (c’est ainsi qu’elle se nommait) Marguerite Huré
contribua, dès l’entre-deux-guerres, au renouveau de l’art sacré.
50 000 tonnes de béton ont été nécessaires pour construire l’église Saint-Joseph.
Impressions
J'aurais aimé vous raconter : l'odeur du café torréfié à la descente du train, les embruns sur la promenade de Sainte-Adresse, les merveilleuses couleurs couchées par le soleil sur le béton doré de l'église Saint-Joseph à travers les pavés de verre rouges verts jaunes, son clocher-phare qui emporte notre regard de l'intérieur, le ferry quotidien pour l'Angleterre , jaune vif, sortant lourdement du port et les cargos, accompagnés de leur pilotine, le lumineux musée Malraux et sa collection de Boudin, le torréfacteur passionné et le café du Costa Rica à la mousse délicate, la vue sur le port et les usines depuis les hauteurs, la maison de l'armateur ouverte sur un puits de lumière où l'on nous rappelle ce que fut le commerce triangulaire, l'architecture tracée au cordeau d'Auguste Perret, l'appartement témoin clair fonctionnel et meublé "d'époque" jusqu'à la pendule en formica, la scène théâtrale en pot de yaourt : le Volcan du Havre, les rues désertes la nuit, j'aurais aimé vous raconter tout cela.
Les mots sont rétifs, parfois.
blogues et déblogues, diablogues
L'autre jour, je vous avais concocté un papier, ou plutôt un parchemin, au moment de poster, envolé le billet, une panne de connexion d'une fraction de seconde, et plus rien, plus de photo patiemment chargée, plus de texte tapé comme d'habitude très vite avec deux doigts à la plus pure manière commissariat de police et directement sur la plateforme.
Au même moment blogger -oui je vous fais des infidélités- refusait aussi un billet, je n'en comprenais pas la cause, eh bien figurez-vos que c'était parce que j'avais copicollé un texte écrit préalablement à l'aide de mon logiciel de traitement de texte : lorsque le lendemain j'ai éliminé cette partie-là, tout a fonctionné.
Comment écrire quelques lignes sans intérêt. Je tâcherai de faire un peu mieux à mon retour. Pour le moment je vais me livrer (solitaire) aux plaisirs de la nuit en couchette ferroviaire, passer d'une gare parisienne à l'autre, à l'heure où vous prendrez votre petit-déjeuner, débarquer vers midi en Normandie.
A bientôt







