mercredi 16 novembre 2011

autoroute, jupe, fil blanc, etc

 

J'ai vu quatre films en cinq jours : ma fréquentation des salles obscures a donc fait un bond exponentiel puisque je les avais délaissées un certain temps.


Je ne suis pas contente. Deux films sur un cancer du cerveau, je savais à quoi m'attendre : du Docteur Françoise Gailland mis au goût du jour, sucré (vous avez remarqué que dans les supermarchés et partout on vous vante de façon très incongrue la douceur des produits, recensez en faisant vos courses, vous serez surpris, nous vivons une époque  hyperglycémique et j'ai de l'insuline dans mon frigo).

Donc, subir des couloirs d'hopitaux à perte de vue, je m'y attendais, j'aime les hopitaux, cela ne me dérange pas, mais les autoroutes pour y aller, les pare-brise avec essuie-glace et pluie savemment dosés, les regards qui en disent long en doublant un camion, les longueurs qui n'en finissent pas de ne nourrir ni l'intrigue ni l'atmosphère, non, je n'en veux plus ! des kilomètres de pellicules à garer des voitures, prendre de l'essence, utiliser les toilettes de l'autoroute ! Vais-je au  cinéma pour coller à un quotidien sans intérêt ? La prochaine fois je chronomètre le temps passé dans les embouteillages dans un film.

Autant dans "La guerre est déclarée" que dans "Toutes nos envies" on craint que le spectateur ne comprenne pas  alors on lui explique par une voix off dans le premier et par des ficelles blanches dans le deuxième : le  parfum offert à la femme qui va remplacer la mourante auprès du mari cela pourrait être touchant mais c'est tellement lourd qu'on a un peu honte lorsqu'elle fait ce geste qui aurait pu être joli de lui en vaporiser entre les seins parce que son mari aime ça - et là arrive un dessin d'enfant montrant la future famille, sans elle.

Ces deux films sont pleins à craquer de bons sentiments. C'est quoi la phrase déjà ? ...sur les bons sentiments ?

Cela n'a rien à voir mais comme j'ai eu deux heures un peu difficiles aujourd'hui, "La journée de la jupe" c'est assez jubilatoire et comment dit-on ...cathartique ? C'est approprié ?

A bientôt...

 

 

 

 

 

 

 

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lundi 11 janvier 2010

Conte d'hiver à la plage

"Quoi ? Robert ?" la voix passe mal, d'un téléphone cellulaire à l'autre, ça grésille, on se croirait revenu au temps du télégraphe et du morse, à écouter les traits et les points. "Qui ?" demande à nouveau mon fils que j'ai appelé dès que j'ai entendu la nouvelle à la radio.  "Ah !" fait-il un peu soulagé car il avait cru que c'était quelqu'un de la famille, bien que personne de mon entourage proche ne s'appelle plus Robert (ils sont tous déjà morts). "Je n'ai pas encore regardé ses films" (je lui ai offert un coffret à Noël, pour le lui faire découvrir). Nous bavardons un instant avec difficulté puis raccrochons jusqu'à la prochaine fois.
Quand je regardais ses films, j'avais l'impression qu'il était de ma famille, Eric Rohmer.

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mardi 10 juin 2008

Touche pas mes citrons !

Les citronniers d'Eran Riklis

Lorsque je m'installe dans un siège d'Utopia, j'ai la sensation d'embarquer à bord d'un appareil d'Air Monde.

Hier je me suis donc envolée vers la Cisjordanie.
"Prisonnières" pourrait être un  sous-titre.
On salive dès les premières images.
Salma élève des citronniers, Mira est femme de ministre. Sans parler des imbroglios politiques et sécuritaires, toutes deux subissent le pouvoir masculin. Salma se battra et obtiendra un demi gain de cause.
Hiam Abbas, Salma,  est magnifique. La façon dont elle place ou non le foulard sur sa tête rythme toutes les séquences de l'histoire.

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mardi 22 avril 2008

Humour black and white

Qu'est-ce que le KimBasingerburger ? Un cheeseburger ? Hmm pourquoi Kim Basinger ?  Cameron Diaz pourrait, Angelina Joly pourrait...Drew Barrymore pourrait ...Le ton est donné à la cafétéria de la nationale 17.

"J'ai toujours rêvé d'être un gangster" de Samuel Benchetrit

Une  référence, entre autres,  à Jarmush,  dans ce noir et blanc en quatre tiers, la banlieue française   filmée comme les abords des villes texanes d'un road movie. La porte des toilettes de la cafétéria se substitue à la porte à deux battants du saloon, où les héros se croisent en se toisant. La fille au bar, a le tablier sensuel et l'oeil délicatement souligné d'un trait d'eyeliner. Bonnie, trouve son Clyde au comptoir, le (si sexy) malchanceux et maladroit  Edouard Baer.
Des références au cinéma qu'on a aimé (ou non), il y en a beaucoup, j'ai même trouvé Harold et Maude (le film culte de mes dix-huit ans), New Rose Hotel, et des emprunts  au cinéma muet.
Braquages et  kidnappings foirent comme pétards mouillés.  On s'attache à tous les personnages dont le portrait est si joliment dessiné dans toutes les teintes de gris, un peu noir.

Allez voir "Bienvenue chez les,Cht'is" si vous souhaitez rire gentiment, mais ne passez pas à côté de celui-ci, drôle, désabusé, tendre et loufoque. (Une jolie scène entre Bashung et Arno à propos de la chanson Gaby !)

Ne regardez la bande annonce que si vous ne devez pas aller voir le film !

 

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lundi 21 avril 2008

Ah, une comédie américaine !

Parfois elles sont bien préférables à nos recettes franchouillardes cousues de fil blanc aux gags téléphonés. Non que je n'aie pas ri à ce film que la Terre entière nous envie pour son bon résultat au box office, mais tout de même ...
Donc, "Juno" est une charmante comédie du cinéma indépendant américain, sans prétention. L'adolescente éponyme têtue et douée d'un sens  aigu de la  répartie, fume la pipe dans un fauteuil installé dans le jardin de son boyfriend en attendant qu'il sorte pour son jogging matinal.
Pleine de vie,  elle nous entraine dans ses pérégrinations de planning familial en couple adoptant, en nous faisant rire et pleurer un peu tour à tour.
C'est un film plein de bons sentiments sans être mièvre, drôle sans être sur joué, émouvant sans être sirupeux.
Un film à voir en famille et à commenter au petit déj'. Préférez la V.O. (d'ailleurs vous avez sans doute peu de chances de le trouver en multiplexe), la langue en est savoureuse, et laissez-vous bercer par les musiques délicieusement "outre-atlantique".(C'est beaucoup mieux que le petit quinquin hein).

Et alors surtout ne ratez pas le superbe générique du début.

Juno de Jason Reitman, avec Ellen Page

(ce billet est aussi sur Frivoli ...)

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vendredi 28 décembre 2007

Cinq films

A l'initiative de "The Dude", voici le palmarès de mes cinq meilleurs films de l'année. Je suis si peu allée au cinéma  (la liste de Zvezdo est impressionnante) que je me demande si ça compte. Mes préférés ? Trois films allemands, un israélien, et un argentin. J'ai laissé tomber beaucoup de films sympathiques que je n'avais même pas pris la peine de commenter...
Ma palme personnelle serait revenue au grand silence : hors jeu car sorti en 2006 ; 2007 fut pour moi une année à tendance monastique.

The last show (2006)
Le grand silence (2006)


La vie des autres
El custodio

The bubble
Persépolis
de l'autre côté




 

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La visite de la fanfare

Bleu ciel les uniformes de la fanfare de la police égyptienne, égarée en plein désert israélien. Ce bleu se marie bien avec le blanc et le beige.
Ils sont tous un peu raides nos musiciens, tirant leur valise à roulettes, sauf Khaled le joli cœur de la bande, un beau mec aux yeux bleus, toujours prêt à chanter du Chet Baker à la première jolie brune venue. Il est violoniste de la fanfare, mais ne se déplace jamais sans sa trompette. Khaled en contant fleurette, s'est trompé sur le nom de la destination, et a envoyé tout le groupe dans un bled paumé où on va les héberger pour la nuit grâce à la sollicitude de la pulpeuse Dina qui aimerait retrouver en Toufik l'Omar Sharif qu'elle admirait enfant au cinéma.
On assiste à des petites touches de vie, où apparaissent, à peine, les faiblesses et les solitudes des uns et des autres, et où se manifestent, timidement, de petits gestes d'amitié.
Le plus souvent, c'est l''arrière-plan qui capte notre attention, comme ce visage flou si expressif par sa seule présence.

Et la fanfare repart vers sa destination première, laissant derrière elle de minuscules rides s'estomper peu à peu.

( film d'Eran Kolirin)

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samedi 24 novembre 2007

Un vendredi soir au ciné

Il m'arrive assez souvent d'aller voir un film et de m'être trompée d'horaire (à Utopia, les horaires sont divers et variés), dans ce cas je demande conseil à la caissière, surtout si je suis accompagnée de ma fille qui, bien qu'élevée au film en VO, ne peut pas encore TOUT voir.
C'est ainsi que nous avons atterri à  "ONCE" ce soir.
J'ai bien aimé cette pop rock irlandaise,  (idéale pour un soir de fin de semaine...). Une belle histoire de chanteurs des rues et de gens modestes qui réalisent un rêve (oui, on pourrait vaguement se rappeler "les virtuoses"). Histoires d'amitiés et de tendresse, enfin tout plein de bons sentiments et quelques jolies images : un tranquile tête à tête dans un pub derrière une vitre où se reflète l'agitation de la rue.

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jeudi 9 août 2007

Auberge israélienne

Vu "The bubble", le dernier film d'Etan Fox, dont j'avais aimé "Tu marcheras sur l'eau".

Même si le titre de ma note et celui du film supposent une certaine légèreté,  c'est plutôt   Roméo et Juliette au coeur des attentats de Tel Aviv et des émeutes de Naplouse, en passant par les barrages militaires.
Les personnages sont  attachants, on est un peu triste de les quitter à la fin du film.

Humour,  tragédie, images simples et charnelles.

PS : je persiste à penser qu'il ne faut JAMAIS voir les bandes annonces avant les films.

Edit : j'ai changé le lien pour le film "Tu marcheras sur l'eau", souhaitant trouver quelque chose de plus intéressant que la noticule écrite à l'époque !

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vendredi 8 juin 2007

De l'amour de l'art ou du cochon *

Emma saigne ses porcs avec douceur et une lame  bien affûtée.
Max atteint d'un cancer du pancréas vole une Jaguar et atterrit dans sa basse-cour.

Je vous laisse imaginer la suite.

C'est un film allemand. J'ai été très contente de comprendre à peu près tous les dialogues. (Bist du krank ?).

Quelque passages assez sensuels. On respire l'odeur de la soue tout le long. On peut admirer les sous-vêtements genre petit bateau de la jeune femme et ses jolies épaules, ainsi que le caleçon à carreaux du monsieur. J'avoue que je verrais le même se poser  sur mon balcon,  prêt à transformer d'un coup de baguette magique mon appartement désordonné en catalogue Ik**, je ne ferais pas la fine gueule (pour un temps).

Emma non plus, ravie de ce cadeau  du ciel.

J'ai souri, je me demande tout de même si le film vaut le déplacement, en tout cas il fait fi des invraisemblances : égorger un cochon sous un arbre sans même récupérer le sang pour en faire du boudin ! (Et j'en passe).

*Ce titre est délibérément emprunté à HFT qui berça mes années estudiantines.

PS  : parmi les petites perles du spectacle, une pétrolette à roue voilée orgasmatique et "ce n'est pas la mort qui fait mal, mais la peur de la mort".

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