Ce matin-là brillait un soleil vif de fin d'automne. j'ai garé la voiture, pris la canne sur le siège arrière et je me suis dirigée vers le petit jardin au pied de l'obélisque qui commémore une bataille du dix-neuvième siècle. La vue s'étend sur Toulouse et les Pyrénées, on aperçoit le pic du Midi.
Il n'y avait aucun promeneur, les bancs étaient déserts. Un instant  j'ai contemplé la ville,  le paysage,  le lointain. Ma mère venait jouer ici, enfant, avec son cousin. J'ai pensé à la petite fille vive et rieuse et à la vieille dame facétieuse qui disait vouloir remplir sa tête de jolis souvenirs, vrais ou faux.
Sur le banc, face aux Pyrénées légèrement enneigées, j'ai posé sa canne, et je suis partie, sans me retourner.