Aujourd'hui je me suis fait une tête de circonstance : un peu trop pressée hier, au moment de partir travailler, m'apercevant que je n'avais pas remis le siège superfétatoire, mais nécessaire pour ce trajet, dans la datcha, je suis allée le chercher dans l'abri de jardin,  et en le transportant j'ai heurté le buffet où trônait un magnifique miroir ancien façon Louis XV. De la coquille caractéristique, il ne reste plus grand chose, le vénérable trumeau ayant chu sur le coin de mon crâne, m'occasionnant une grande frayeur (je deviens peureuse et douillette en vieillissant) une bosse sur le front et quelques égratignures dues au plâtre brisé, par chance le verre et son tain sont intacts.

C'est aujourd'hui la journée contre les violences faites aux femmes,  ayant vu circuler sur twitter des  interrogations sur une pétition "contre le viol", (on s'interrogeait sur la pertinence d'une pétition dans ce domaine, et quelqu'un répondait qu'elle ne serait pertinente que si le viol était considéré comme légal) je ne m'étendrai pas sur le sujet mais je citerai un extrait de l'ouvrage "Les violences contre les femmes" de Maryse Jaspard, qui fut chargée de la première enquête statistique sur ce sujet en France.

(J'aborde seulement le sujet du viol, comme suite à une réponse que j'avais faite, et non celui de la pétition qui reste entier : quelle est la raison d'être d'une telle pétition -je ne suis as allée la voir- hormis d'attitrer l'attention sur un phénomène ? La suite au prochain numéro ou ailleurs !)

Pendant des siècles la vie sexuelle des individus a été régulée par les préceptes de la religion chrétienne qui autorisait les rapports sexuels à seule fin de procréer. La sexualité devait être maritale et se limiter aux pratiques fécondantes.
.../...
Le coît était un devoir conjugal, les épouses étaient tenues de s'y prêter, qu'elles le souhaitent ou non.
La feme appartenait au mari, voire au chef de famille, et nétait pas considérée comme un sujet, le viol était un crime contre la lignée, la victime étant définie comme coupable du déshonneur de la famille. De même que la notion de consentement, le concept d'atteinte à la personne est contemporain de l'égalisation des droits des femmes et des hommes dans la vie privée et publique, réalisée seulment dans la deuxième moitié du XXe siècle. (page 63, les violencs contre les femmes, Maryse Jaspard, ed. La Découverte)


Le chapitre définit  de violences sexuelles et les types de viol, ainsi que les harcèlements sexuels. Je vous laisse vous y référer si la question vous intéresse.

Les mentalités évoluent lentement, voire peu ou pas du tout et différemment selon les milieux : je ne suis pas certaine que l'héritage des siècles pasés ait totalement disparu dans ce domaine.

Extrait de "Mecque et Médina", de Taslima Nasreen (Femmes, poèmes d'amour et de combat, Librio)

Qui a agresé les deux soeurs, qui les a violées ?
Jamir Mia désigne Matrbor Ali
Y a-t-il un témoin ?
Faites venir les témoins dit l'imam d'une voix détachée
Jamir Mia jette un regrad déspespéré sur les villageois.
Qui va témoigner ?
Personne n'a assisté à la scène,
A part Mecque et Médina, il n'y pa pas de témoin,
Jamir Mia rampe en criant à tue-tête : Allah est témoin !
Mais l'imam ne peut prendre Allah comme témoin.
Et puisque Mecque et Médina ont perdu leur vertu,
Ce sont elles les coupables.
L'amende s'élève à cinq mille takas,
l'imam accorde un délai d'une semaine à
Jamir Mia.
S'il ne paie pas les deux traînées recevront
Cent coups de fouet. Ce n'est que justice.
Bravo, bravo ! Les notables rassemblés applaudissent.

L'agriculteur n'a pas pu réunir les cins mille takas
Pour payer l'amende.
Mecque et Médina sont fouettées, comme prévu,
Tout le village assite à la scène, y compris Matbor Ali.
Toute la surprise du monde se lit dans les yeux de Mecque,
Pourquoi nous punir ainsi, pour quel crime ?
Médina répond toujours aux questions qu'on lui pose,
Elle cherche das les livres,
Dans des contes fabuleux ou dans sa tête.
Mais cette question est trop difficile pour Médina.
La réponse, elle ne la connait pas.
Pour la première fois, elle reste sans voix.


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