Je n'ai pas vu les hordes de sangliers, promises par le  patron d'une brasserie du vieux port, traverser la Méditerranée à la nage entre Corse et Sardaigne ! Je n'ai pas vu  les dauphins et les baleines depuis le pont numéro 10 du Napoléon Bonaparte.

Je n'ai pas vu de banc public à Marseille. De la gare Saint-Charles à la gare maritime, seul le minuscule square de la Joliette offre au passant un morceau de pelouse et quelques blocs minéraux semblables à des pierres tombales désordonnées.

Dans la chaleur estivale, le chaland qui descend du bateau et attend un train dans quelques heures, peu disposé à arpenter la ville, une fois visités bars et librairies, cherche un lieu où se reposer un moment et prendre une légère collation car il a fait quelques emplettes : baguette croustillante, saucisses sèches de Banon au fromage de chèvre, abricots. Apercevant quelques beaux platanes il se dirige vers ce jardinet public.

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Le square étonnament désert est rond, cette place s'est appelée autrefois place de la rotonde, de belles maisons la cernent.

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Le promeneur devra, s'il veut s'assoir, se contenter d'un trottoir crasseux : il n'y a pas de banc dans le jardin et celui-ci est cadenassé en plein midi.

"Marseille ville de culture en 2013" fait savoir l'affichette. Le touriste éconduit dans cette ville qu'il ne connait pas mais que son imagerie d'Epinal lui montrait comme une cité d'accueil cosmopolite et plein de vie, s'interroge. Il fait un lien direct et facile (cliché !) avec la coloration politique de la municipalité, constate que des cabinets d'avocats occupent un immeuble de la place proprette. Il joue à imaginer une performance où quelques centaines de clochards viendraient s'allonger sur les trottoirs de la rotonde.

Il pense à Georges, là-bas, dans la bonne ville de Sète et se demande quelle chanson il écrirait aujourd'hui.

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