J'aurais aimé vous raconter : l'odeur du café torréfié à la descente du train, les embruns sur la promenade de Sainte-Adresse, les merveilleuses couleurs couchées par le soleil sur le béton doré de l'église Saint-Joseph à travers les pavés de verre rouges verts jaunes, son clocher-phare qui emporte notre regard de l'intérieur, le ferry quotidien pour l'Angleterre , jaune vif,  sortant lourdement du port et les cargos, accompagnés de leur pilotine, le lumineux musée Malraux et sa collection de Boudin, le torréfacteur passionné et le café du Costa Rica à la mousse délicate, la vue sur le port et les usines depuis les hauteurs, la maison de l'armateur ouverte sur un puits de lumière où l'on nous rappelle ce que fut le commerce triangulaire, l'architecture tracée au cordeau d'Auguste Perret, l'appartement témoin clair fonctionnel et meublé "d'époque" jusqu'à la pendule en formica, la scène théâtrale en pot de yaourt : le Volcan du Havre, les rues désertes la nuit, j'aurais aimé vous raconter tout cela.
Les mots sont rétifs, parfois.