jeudi 28 mai 2009
en Rouge et Noir
Depuis longtemps, je consulte mes relevés de comptes sur le site internet de ma banque. Une banque,lorsqu'on est enfant, paraît un établissement sérieux, où règnent des gens honnêtes réfléchis et de bon conseil. C'est mon imagerie d'Épinal personnelle, où se retrouvent, en piteux état, nombre de personnages et de situations formant un monde parallèle.
Depuis peu, à côté du signe distinctif de la banque, on peut lire, sur la page d'accueil du site :
On est là pour vous aider
Là, mon château de cartes d'images d'Epinal s'écroule ! La banque parle comme le premier venu ? Elle affirme qu'elle est là pour nous aider, vraiment ? Mais qui est ce ON ? On ne se mouille pas ! Autrefois "on" aurait écrit peut-être "Nous sommes là pour nous aider", cela n'aurait guère été plus sincère, mais au moins nous aurions eu l'illusion.
Plus d'illusion : ON est là pour nous aider, ON n'est responsable de rien, ON s'en lave les mains.
mardi 19 mai 2009
La ponctualité est une voleuse de temps
Oscar Wilde
mercredi 13 mai 2009
fétichisme
...de la mise en plis : c'est l'une des dernières requêtes. Je suis sûre que ce blog comporte autant de billets d'humeur (fâcheuse) sur les cheveux que de séances passées par moi chez le coiffeur.
je suis dans mes dernières copies, quand j'aurai un moment, je vous parlerai des nouveaux programmes de math pour les bac pro., c'est assez tiré par les cheveux et pour le moins transversal, interdisciplinaire, dans l'air du temps, et il semble que l'on ait décidé de laisser tomber les SIP ! Les modes changent d'un inspecteur à l'autre, d'un gouvernement au suivant.Tant mieux après tout, sinon c'est la sclérose, la cirrhose, que sais-je ...
mardi 12 mai 2009
de rien
Encore huit femmes naturistes aléatoires, et un savon noir sainte famille. Il n'y a quasiment plus que des égarés sur ce blog !
lundi 11 mai 2009
Le mérou
il était là dans sa grotte, immobile, semblant nous fixer et agitant avec nonchalance ses nageoires latérales qui ressemblaient à de grandes oreilles. Nous étions passés dans un étroit tunnel pour le voir, et, flottant entre deux eaux, nous l'observions, religieusement, comme un reliquaire dans une crypte.
J'ai souri intérieurement (si l'on sourit avec les lèvres, l'eau entre dans le masque) en réalisant tout ce que la plongée sous-marine pouvait avoir de tribal et mystique.
On s'entasse sur des embarcations en ayant revêtu un habit rituel, noir le plus souvent, comportant une cagoule, voire une guimpe. Un lourd fardeau sur les épaules et tout un matériel "liturgique*" obligatoire, sans lequel pas de vie possible plus de quelques minutes dans les profondeurs. On descend vers les ténèbres, par palanquées. Avant la descente, le "guide' donne les indications nécessaires. La première plongée, initiatique, est appelée baptême. Au retour on échange des paroles liées presque uniquement à cette expérience commune de contemplation, et, parfois, on partage le pain et le vin, ou le thé chaud, sur le bateau.
Les petits rectangles blancs au loin sont les caravanes du terrain de camping dont je vous ai jadis raconté une anecdote...
* palmes masque détendeur stab' bouteille à 200 bars
mardi 5 mai 2009
1500
Dimanche matin, à l'heure où la ville est encore noirâtre et auréolée de lumières électriques, j'ai accompagné Eclat du Soleil à l'aéroport de tOulouse-Blagnac, d'où elle s'envolait pour Bonn et seize jours (pas dix-huit).
J'aime les gares, les aéroports et les aires d'autoroutes. Il ne s'y passe quasiment rien, et c'est la scène d'un théâtre minuscule. J'aime y voir les cadres en costumes, les moines bouddhistes en safran et pourpre, les religieuses en robe blanche et voile noir, et toute cette humanité suante et trébuchante, suspendue entre deux destinations, d'une vie à une autre.
L'autre matin donc, une fois l'oiseau parti vers la porte d'embarquement, je cherchais un lieu où déguster un café-crème dans le hall de départ, en me livrant à mon passe-temps favori et matutinal. Une enseigne bien connue répondant au doux prénom de P**l vend des viennoiseries et des boissons servies exclusivement dans des gobelets en carton. Je vais un peu plus loin, vers un bar où j'ai souvent attendu attablée devant un café. En lieu et place du mobilier habituel se trouvent des tables et chaises en plastique vert et rose à fleurs façon années soixante-dix d'une laideur trop courante, et les boissons sont servies aussi exclusivement dans du carton.
Nous vivons une époque moderne. Il faut que la clientèle ne s'attarde pas, que le lavage de la vaisselle ne requière pas de main d'oeuvre superfétatoire et que nul objet cassant ou contondant ne vienne présenter un risque pour la sécurité.
Tout y est au mieux dans le meilleur des mondes, et c'est le mille cinq centième billet de ce blog.
vendredi 1 mai 2009
En avoir ou pas
Betty m'avait taguée à propos de ma conception du bonheur. (Oui m'dam, je mets un peu de temps à faire les devoirs maison ...)
Je me souviens donc de Coach ...Hmm je n'ai pas oublié Coach Wilburn qui nous donnait chaque matin les cours d'"American Government" après que nous ayons récité, la main sur le cœur, face au drapeau, le "pledge of allegiance", mais je ne me rappelle pas le nom de ce coach-là, qui nous enseignait les humanités. Je revois sa moustache. Nous appelions ces professeurs "Coach" parce qu'ils avaient la haute et honorifique fonction d'entraîner l'équipe de football américain de l'école.
Coach nous fit faire pendant le semestre où je suivis ses cours, des exposés sur des philosophes. Je ne me remémore pas grand chose d'autre, vous m'en excuserez, c'était il y a quelques trente-quatre ans (imaginez : j'ai rencontré des vétérans de l'armée qui parlaient la larme à l'œil de leur passage en France pendant la guerre ... à peine trente ans plus tôt, ce qui alors me paraissait un siècle). Très précis à mon esprit est cet instant où il nous demanda "Quel est notre but dans la vie ?". Silence. j'essayais, avec le peu d'Anglais que je maîtrisais, de chercher une réponse qui me fut acceptable, lorsqu'il finit par dire : "Our goal in life is to be happy ! ".
Stupéfaite, il me semblait n'avoir jamais imaginé un instant que le but de la vie soit le bonheur.
Je pourrais paraphraser la "Rossetterie" que JdL a laissée en commentaire, en écrivant :
"Vis, et le bonheur te sera donné de surcroît".

