Pourquoi l'abeille ne fut pas l'emblème du féminisme.

"Nous avions pensé un moment prendre l'abeille comme emblème du féminisme; mais, malgré notre admiration pour cet insecte si travailleur, si industrieux, nous avons dû renoncer à notre projet. Pourquoi ? Ce n'est pas parce que nous avions peur qu'on nous accusât de vouloir réatblir l'empire, mais bien plutôt parce que nous redoutions que l'on se méprît sur nos sentiments.
    Les abeilles , en effet, ne sont pas tendres envers les mâles paresseux vivant du travail des ouvrières ! Ne nous accuserait-on pas alors d'être les ennemies acharnées des hommes ? Et puis, dans la ruche tout s'incline devant l'autorité de la reine ! Ne prétendrait-on pas que le féminisme n'a d'autre but que de s'emparer du pouvoir ?
   Or, tout ceci est le contraire de notre idéal, puisque nous voulons voir dans l'avenir l'homme et la femme étroitement unis, mais libres tous deux et égaux.
    Aussi vole ! vole ! petite abeille, butine de fleur en fleur, tu resteras pour nous l'image de la laborieuse ouvrière que rien ne rebute et qui ne s'arrête que lorsqu'elle a accompli sa tâche."

Maria VERONE, Présidente de la ligue française pour le droit des femmes,  dans le traité complet d'apiculture d'Emile Alphandery, éditions Berger-Levrault, 1931

8 mars, journée banalisée par les  appels mercantiles qui fleurissent  à cette occasion, mêlant dans  un joyeux bouquet consumériste la fête des mères, des grand-mères, la Saint-Valentin et autres célébrations.

"La première chose, peut-être, qu'une femme trouvait quand elle mettait la main à la plume, c'était que n'existait aucune phrase courante dont elle put faire usage."
Virginia Woolf "
Une chambre à soi " ("A room of one's own"), traduit par Clara Malraux, 1929.