Ce matin, j'ai délaissé ma cuisine en désordre, pour un pt'it dej' en ville.
Le café est presque désert.
La serveuse très mince, blonde aux cheveux courts porte toujours un pantalon noir, une chemise blanche avec une cravate et un gilet noir, le tablier noir des garçons de café, des yeux noirs et un joli sourire.

Je contemple ma tasse Lavazza posée sur une soucoupe trop petite. Trois batonnets de sucre en poudre de la même marque.

La lumière du jour à peine levée joue sur les chromes des chaises et du bar, se réfléchit sur le granit rose et noir des tables et du comptoir. Le revêtement de sol, ancien,  rappelle, en plus rouge, les motifs des tables, et répond au vermillon des cendriers. Tentée de prendre la photo, je m'arrête en vol d'image. Peut-être devrais-je m'habituer à ne plus viser à l'ancienne. Pourtant j'aime glisser mon oeil (gauche) dans le viseur, et corriger automatiquement

Une femme achève le nettoyage des vitrines. A un homme qui l'interpelle en lui demandant si elle va bien, elle répond gaîment "Oui ! Comme un vendredi !".

J'admire le percolateur qui étincelle et remplit tranquillement quatre tasses d'expresso, les gestes de la femme-garçon de café qui les pose sur le plateau, légère, et les amène à destination.

C'est vendredi.